Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 16:00

Lundi soir, 19h. Je fais le ménage de mon appartement. Pour la première fois, je n'attends pas le dernier moment pour le faire, la veille de l'arrivée des enfants. J'ai du temps devant moi. J'en profite pour faire l'exercice que m'a donné la psy que je vois depuis plus d'un an. Je dois écrire 5 ou 6 pages sur mes souvenirs de situations humiliantes pour moi ou mes proches. J'allume une petite bougie et mets le CD de musique relaxante que m'a donné le Maître. Les souvenirs se libèrent facilement en écrivant : la honte du travail de mon père, la maison et les habits qu'il ne fallait pas salir. La honte d'être considérée comme un fille manquée car je n'aimais pas le foot ni la bagarre, et que j'avais eu le malheur de m'intéresser à 3 ans à la poupée de ma mère qui disait mécaniquement "Maman" lorsqu'on la basculait. Le scandale (!!) de la découverte par mes parents de la cachette secrète de ma correspondance avec une fille plus agée de l'école primaire. La honte d'être différent car circoncis à 8 ans, la honte d'avoir plus de poils que la moyenne et plus tôt....

Lundi, 22h30. Je viens de poser le stylo. Je m'apprête à aller au lit lorsque un bip retentit : un SMS du jeune qui me propose de le rejoindre. Je file illico le cueillir au supermarché. Je le conduit dans un endroit désert. Nuit claire étoilée. Je suis homo, fier de l'être, plein de désir pour ce jeune. Je lui fais goûter les prémices du BDSM. Visiblement cela lui plaît, surtout que nous inversons les rôles du dominant et du soumis. Moment d'extase. Sensuel et viril comme j'aime. Les vitres de la voiture sont recouvertes de buées comme dans Titanic. Il finit par jouir dans ma main et m'autorise à jouir sur son torse imberbe si j'ai des kleenex. Pas de kleenex. Je me rhabille. Ne pas juter ne me dérange pas. Je me contrôle. Je le raccompagne devant chez lui.


Mardi, 21h30. Je suis convoqué chez C&A, un couple de gay BDSM. Je dois arriver en tenue de sport. Le bulletin météo annonce une vague de froid, j'espère ne pas être surpris par la neige. Je me présente chez C&A avec les voeux de mon Maître. J'appelle le dominant "Monsieur", et son soumis "Petit Monsieur". Nous n'avons pas le droit de nous parler directement, mais nos yeux communiquent illicitement. Je donne le bain, recoit 20 coups de cravache (punition pour mon cul désespérément fermé). Nous finissons dans la chambre. Le soumis est attaché au lit, et je finis comme baillon sur pattes, chargé de contrôler la respiration du soumis avec ma nouille, pendant que le dominant lui défonce le cul. Ils me jouissent tous les deux sur le torse, et me demandent de dégager sans me laisser jouir.

Mercredi, 8h. Je me réveille. Je suis seul, bloqué dans mon appartement par 30 cm de neige. Mon PC est HS. Deux mois que je cours après des plans Q. J'ai la gueule de bois. J'ai envie d'aller retrouver ma femme, jouer dans la neige avec les enfants. Je l'appelle. Je suis en larme. Elle me propose de venir boire le café. Une amie a elle lui a apporté un livre sur les images symboliques. Je jette un oeil à "fouet" et à "menottes". Les deux renvoient à la mère et au cordon ombilical. Un déclic se passe en moi, comme si mon parcours cahotique prenait sens. Pour la première fois, je suis prêt à renoncer aux plans Q avec les mecs et au BDSM.

Par TIGER - Publié dans : TooBi ?
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