Samedi 19 septembre 2009
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Un Mardi de Juillet, 19h, autoroute A87
Déjà une heure que j'ai quitté la Rochelle. Dans moins d'une heure, je vais retrouver mes enfants, mes parents
et la douceur légendaire de ma terre natale. Radio-Alouette (la radio du Grand Ouest !) diffuse le dernier tube de Grégoire. Je ne suis pas un grand fan, et j'ai même involontairement séché une
partie de son concert aux francofolies. Pour me faire pardonner, je me concentre sur les paroles. "J'aurais aimé tenir ta main un peu plus longtemps". Une bouffée d'émotion me submerge. Je fonds
en larme au volant. Je pense à celui que j'ai quitté il y a une heure. J'ai passé quatre jours formidables avec lui. J'aurais aimé...
Le Samedi précédent, 3h30 du matin, Hôtel Formule 1 de la Roche sur Yon.
Une heure que je tourne dans La Roche Sur Yon pour trouver ce p.. d'hôtel. J'ai les yeux encore ouverts grâce
au Red Bull que j'ai avalé à la sortie du spectacle nocturne du Puy Du Fou pour ne pas m'endormir dans les bouchons. J'introduis ma carte bleue pour obtenir une chambre : "Hôtel Complet". Et
Merde ! Mes trois neurones encore éveillés décident à la majorité que le mieux est de continuer ma route vers la rochelle.
4h du matin, une départementale en Poitou-Charente.
Est-ce un effet secondaire du Red-Bull ? La presque pleine lune ? Le petit matin qui pointe ? La programmation
musicale de Radio-Alouette ? L'esprit de Ségolène Royale qui flotte en ces lieux ? J'ai un méga barreau dans le pantalon... Ce n'est pas dans mes habitudes, mais tout en conduisant, je
baisse mon pantalon et mon boxer. C'est assez excitant de rouler ainsi, le manche à l'air. J'aperçois soudain un auto-stoppeur. Il est assez mignon et je remballe vite fait le matériel en me
garant. Trop tard. Je fais demi-tour. Plus d'auto-stoppeur. Une hallucination ?
7h du matin, un Parking de la
Rochelle.
J'ai dû dormir deux heures. Je ne suis pas en super forme. J'avale un paquet de "Hello" de LU et une gorgée
d'eau. Je remonte le siège et commence ma première quête : un camping NON COMPLET en pleine période des franco-folies. Je finis par en trouver un à AYTRE. AYTRE ou ne pas AYTRE ? Je dois attendre
midi que LA place disponible se libère. Ca me laisse un peu de temps pour visiter le centre-ville avant de planter ma canadienne et y faire une petite sieste.
17h30, sauna l'ATLANTIS, la Rochelle
C’est la seule chose un peu organisée de mon séjour. J’avais pris soin de noter l’adresse et les heures
d’ouverture avant mon départ. Pas grand monde : 5 ou 6 personnes. Je me fais pratiquement agressé dans le hammam par un homme peu ragoûtant. Je le repousse gentiment. Pourvu que je ne devienne
pas comme cela en vieillissant….
Un jeune mec attire mon attention. J'essaye d'entamer la conversation dans le sauna, style "T'es du coin ?".
Pas de réponse. Je sens que je vais repartir broucouille...
Le vieux satyre (j'exagère un peu) entre à son tour dans la cabine du sauna et essaye de me toucher. Je le
repousse moins gentiment, et sort en même temps que le jeune. Il me sourit. Apparemment il a été la précédente victime du satyre. Il me propose un verre, et nous commençons à faire connaissance.
Il s'appelle Jo, il a 25 ans. Nous cherchons la même chose tous les deux : une pincée de sexe, une poignée de câlins et beaucoup d'écoute. Il m'invite chez lui. La suite est très
privée.
22h, Centre-Ville de la Rochelle
Je suis avec Jo au restaurant. Il me parle de ses difficultés avec son mec (il vit en couple). J'ai
l'impression d'entendre mon ex-femme quand elle parlait de moi... Décidément les difficultés conjugales transcendent les orientations sexuelles...
Dimanche, 17h45, Parking de l'Arsenal
Le concert des franco-folies commence à 18h avec Grégoire. J'ai eu du mal à quitter les bras de Jo. J'ai passé
la journée avec lui. Nous avons même fait le marché ensemble ! Je commence à envisager les perspectives d'une vie en couple homo. Il faudrait que je me trouve un mec comme Jo. Coup de fil de mon
ex. Elle est déprimée. Son amant a renoncé à quitter sa femme pour elle. Elle envisage de refaire un bout de chemin avec moi... quitte à trouver des compromis. Je suis désemparé, partagé entre
mon désir de retrouver la sécurité et les plaisirs simples d'une vie de famille "hétéroparentale" et les plaisirs que je découvre avec Jo. Je lui demande de m’accorder un temps de réflexion.
J’arrive près du vieux port et je présente mon billet. Grégoire ne m’a pas attendu pour commencer… C’est parti pour presque 6 heures de concert dans la fosse (Grégoire, Emilie Loizeau, Thomas
Fersen, Raphaël, Renan Luce).
Lundi, 2h, Académie de la Bière.
Je rejoins Jo dans ce bar où j’avais mes habitudes pendant mon service militaire. J’ai encore les oreilles
pleines du concert. Cette fois-ci je m’étais mis dans les tribunes pour écouter La Chanson du Dimanche, Anis, Ayo et Bénabar. Le bar est plein. La place a été transformée en boîte de nuit avec
des canons à mousse. Super ambiance à la Rochelle. Je danse avec Jo et ses copines. Je découvre une nouvelle danse : la chenille au sol. Tout le monde est assis, emboîtés les un dans les autres,
et nous faisons passer les personnes au dessus de la tête. Génial.
Lundi, 4h, un resto
Nous attendons la sortie de ce serveur au joli petit cul auquel Jo a laissé son numéro de téléphone le midi,
suite à un pari stupide. Ses vannes lorsque il nous a servi n’avaient laissé aucun doute sur ses préférences sexuelles. C’est aussi un moyen pour moi de me détacher de Jo, car je pars le
lendemain… Pourtant, j’ai un étrange pincement au cœur lorsque je les vois partir ensemble alors que je vais dormir seul sous ma toile.
Mardi, 14h, Tour de l'Horloge.
Son téléphone ne répond pas. J’aurais tellement aimé le revoir avant de partir… Je commence à désespérer et à penser
que ce sont tous les mêmes. Il arrive enfin. Nous sommes sous la grande horloge, près du vieux port. Je ne peux m’empêcher de penser à Jack dans Titanic qui accueille Rose près de l’horloge…
Dernier verre et dernier câlin. J’aurais aimé tenir sa main plus longtemps…